Quels rôles jouais-je à l’adolescence ? Un exercice pour regarder ses masques

Dans Masques et Vérités, je reviens sur les rôles que j’ai adoptés à l’adolescence pour appartenir à différents groupes. L’exercice que je propose ici s’inspire de la section « Les Masques de l’Adolescence » de mon manuscrit.
Il ne s’agit pas d’un test psychologique et il ne conduit à aucun score. C’est une invitation à prendre du recul sur la manière dont nous nous présentons aux autres, hier comme aujourd’hui.
Pourquoi parler de « masques » ?
Un masque social n’est pas nécessairement un mensonge. Nous adaptons spontanément notre manière de parler selon les personnes et les situations. Mais, dans mon parcours, certaines adaptations me demandaient beaucoup d’énergie : je voulais tellement être accepté que je finissais parfois par cacher mes sentiments ou mes origines.
Mettre des mots sur ces rôles permet de distinguer ce qui nous a aidés de ce qui nous a coûté.
Exercice : les rôles que j’occupais
- Repérer ses groupes. Sur une feuille, écrivez les milieux auxquels vous apparteniez pendant l’adolescence : classe, quartier, club sportif, famille, groupe d’amis.
- Nommer le rôle adopté. Pour chaque groupe, décrivez l’image que vous cherchiez à donner : l’élève sérieux, le clown, la personne toujours d’accord, celui qui n’a peur de rien, la personne qui aide tout le monde.
- Identifier une ressource et une limite. Ce rôle vous a-t-il aidé à créer des liens, développer votre humour ou votre capacité d’adaptation ? Vous empêchait-il aussi de dire non ou de montrer vos émotions ?
- Observer le présent. Parmi ces habitudes, lesquelles sont encore présentes aujourd’hui ? Lesquelles vous rendent service ? Lesquelles mériteraient d’être assouplies ?
Un exemple tiré de mon histoire
À l’adolescence, je pouvais être le garçon plaisantin ou désinvolte devant les autres. Ce rôle me donnait une forme de reconnaissance. Il me permettait aussi de masquer des inquiétudes que je n’osais pas partager. Je ne souhaite pas renoncer à l’humour ; j’aimerais simplement ne plus en avoir besoin pour cacher chaque moment de fragilité.
Qu’en faire ensuite ?
Vous n’avez pas besoin d’aboutir à une grande révélation. Une petite observation peut suffire : par exemple, découvrir qu’il est possible de rester drôle tout en disant « aujourd’hui, je ne vais pas très bien ».
Si les souvenirs évoqués sont éprouvants, interrompez l’exercice et privilégiez un échange avec une personne de confiance ou un professionnel compétent. Ce support n’est ni une thérapie ni une méthode de traitement.
Cette réflexion est issue de mon manuscrit Masques et Vérités — L’ombre de l’Être sous le poids du Paraître. Elle exprime mon vécu et mon regard rétrospectif ; elle ne constitue ni une interprétation clinique ni une description universelle du TDAH.
Pour prolonger la réflexion : Le prix psychologique du paraître.
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